1. Pouvez-vous vous présenter à nos lectrices ?
Je m’appelle Nadia Maya MANDINE, je suis artiste en art visuel. Je suis également juriste spécialisée en Sciences juridiques-activités maritimes et portuaires. Je suis sénégalaise mais de par mes origines je suis Bissau guinéenne. J’ai grandi à Mbour où j’ai eu mon baccalauréat. J’ai fait la série L1 et obtenu mon baccalauréat d’office en 2019 et ai été orientée à la faculté des sciences juridiques et politiques de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar où j’ai fait la première année jusqu’à la licence.
En deuxième année j’ai intégré le club cinématographique de l’UCAD pour une formation en écriture et pratique audiovisuelle avec CINE-UCAD, et nous étions la 4e génération qui avons réalisé « En attendant la dernière liste » (2011-2012). Je pense que cela a été le point de déclic chez moi. C’est là qu’est né mon désir de m’affirmer dans le monde des arts.
J’ai eu l’occasion dans la même année d’assister le coordinateur du programme CDP (Contrat De Performance) M. Alioun Diouf, représentant la Banque Mondiale à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar.
De janvier 2014 à mai 2014 j’ai fait un stage comme assistante administrative et financière au Cabinet Akpo and Co qui, par la suite m’a recommandée à la clinique croix bleue où j’ai exercé comme assistante de direction de mai 2014 à octobre 2022. En même temps que j’étais assistante de direction je continuais mes études de droit. J’ai par la suite obtenu mon Master 2 professionnel en Sciences juridiques-activités maritimes et portuaires à l’université Amadou Hampâté Ba de Dakar.
Dans la même période en 2017-2018 alors que je continuais à travailler comme assistante de direction à la clinique, j’écrivais mon mémoire de master 2 tout en faisant un stage dans le cadre de mon domaine (Maritime) à CEMI, un cabinet d’expertise maritime (du 1er mars 2018 au 31 mai 2018). J’ai soutenu mon master 2 en décembre 2018, tout en continuant toujours mon travail à la clinique.
En 2020, j’ai intégré l’école nationale des arts et de la culture en cours du soir. En deuxième année aux beaux-arts je fus repérée par un de mes professeurs Mme Faye (couleurs et modelage) qui me proposa d’intégrer le Collectif des artistes plasticiennes du Sénégal. Ma première sortie dans le monde des arts plastiques fut avec le CPS lors de la 14e édition de la Biennale des arts de Dakar en 2022. Je commençai à me chercher et à être de plus en plus influencée par le monde des arts.

Technique : Mixte/Toile
Année : 2023
D’un autre côté, j’étais de moins en moins motivée par le cloisonnement à la clinique. L’envie irrésistible de changer de cap, mélangée au stress m’a poussée à me donner à fond dans les arts. La voix de la mer et de l’art se faisait de plus en plus pressante. Je ne voyais qu’une seule chose fuir, plonger dans la mer et m’évader dans les arts.
2. Qu’est-ce qui vous a motivée à vous spécialiser en droit maritime ?
J’ai toujours été fascinée par l’univers marin. Le contact de l’eau, la brise marine, les couchers de soleil en mer m’ont toujours émerveillée. De surcroît, avec un peu de recul, je me suis rendu compte qu’en tant que nomade (de Guinée-Bissau au Sénégal), j’ai toujours habité ou étudié dans des quartiers bordés par la mer où j’aime aller à la plage et m’évader.
Quand j’étais à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar, j’adorais rester assise seule face à la mer pour méditer, rêver ou juste essayer de comprendre certains phénomènes de la vie. Il y a aussi cet effet relaxant, énergétique et fusionnel que l’influence de la mer avait sur moi.
Quand je devais me spécialiser en master 2, cela a été spontané de ma part. Un choix que je ne regrette pas, même si l’insertion professionnelle juste après l’obtention de mon diplôme m’a fait revenir à la dure réalité de la vie.
3. En tant que juriste spécialisée en droit maritime, quels sont selon vous les plus grands défis juridiques actuels du secteur maritime africain ?
Aujourd’hui, de plus en plus, les politiques publiques s’accordent sur le fait que l’avenir de l’Afrique est étroitement lié à l’espace maritime qui l’entoure, tant du point de vue des défis que de celui des opportunités. Les territoires maritimes africains sont confrontés à un assaut d’acteurs extérieurs tels que les sociétés pétrolières, les armateurs étrangers ou les pirates. Tous ces acteurs se livrent à une course aux ressources maritimes stratégiques (pétrole, gaz, ressources halieutiques) redéfinissant ainsi les défis juridiques à relever.
Les grands défis juridiques actuels du secteur maritime en Afrique selon moi concernent entre autres :
- L’élimination de barrières maritimes africaines afin de stimuler le commerce intra-africain. L’Afrique doit établir au moment opportun une Zone exclusive maritime commune de l’Afrique (CEMZA). Les accords sur le tracé et la délimitation des frontières maritimes entre les États doivent être renforcés. La Convention des Nations Unies sur le Contrat de transport international des marchandises effectué entièrement ou partiellement par mer dite « Règles de Rotterdam » (2009), ainsi que la Convention des Nations Unies sur le Commerce de transit des pays sans littoral (1965) et la Convention sur la facilitation du trafic maritime international – FAL (1965) ; sont des dispositions juridiques pouvant servir de phares pour une amélioration des instruments juridiques africains actuels.
Lire la suite de l’interview aux pages 31 à 39 du magazine Blue Women Africa : https://www.bluewomenafrica.com/wp-content/uploads/2026/03/Blue-Women-Africa-Magazine-Francais.pdf