Sophie De Sylvie DJOUFA TIEMAGNI, auteure du livre : « L’économie bleue, une mine d’or »

1. Pouvez-vous vous présenter à nos lectrices, s’il vous plaît ?

Je suis Sophie De Sylvie DJOU-FA TIEMAGNI, Avocate au Barreau du Cameroun, diplômée du Centre de Droit Maritime et Océanique (CDMO) de l’Université de Nantes-France, Maritime SheEO Ambassador, certifiée économie bleue durable, ACIArb, certifiée IDEP-ZLECAf.

Auteure de l’ouvrage « L’ECONOMIE BLEUE, UNE MINE D’OR », je suis également auteure de plusieurs articles, publiés sur mon blog et divers canaux sociaux, Tribune Justice, MARITIMAFRICA, SHE OF CHANGE MAGAZINE.

Mon leitmotiv, « Sortir l’économie bleue de la léthargie en Afrique et particulièrement au Cameroun »

2. Votre ouvrage « L’économie bleue, une mine d’or » met en lumière les opportunités offertes par l’économie bleue. Qu’est-ce qui vous a inspiré à écrire ce livre et à aborder ce sujet en particulier ?

En effet, cet opus est né d’un constat suivant lequel le taux de chômage s’élève chaque jour davantage, les cerveaux s’exhilient vers l’extérieur à la recherche du bien être, les jeunes parfois diplômés n’ont pas d’emplois dans les domaines professionnels classiques déjà fortement saturés, alors qu’il y a tout juste sous nos pieds une niche inépuisable d’opportunités peu ou même inexplorée et inexploitée par les acteurs économiques.

Bien plus, les esprits rétrogrades continuent de penser que les secteurs maritime et portuaire sont la chasse gardée d’une poignée de personnes et que, partant, il vaudrait mieux ne pas songer à s’y approcher parce que ce serait impossible. Sans doute, ces pensées pessimistes gagnent-elles du terrain parce que la jeunesse n’a pas véritablement conscience de son potentiel et connaissance des métiers de ces secteurs ainsi que du chapelet des opportunités qu’ils offrent ?

Il m’a donc paru important et même urgent de briser ce mythe suivant lequel le secteur maritime et portuaire ne peut être exploré que par certains corps d’élites. C’est ce que j’essaie de faire à travers cet ouvrage qui sans être la formule magique, permettra de stimuler, de réveiller et d’éveiller les consciences, de porter à la connaissance de la jeunesse et du grand public la pléthore d’activités économiques maritimes qui existe de telle sorte que chacun puisse, sans alibi quelconque, s’intéresser à un secteur et y envisager une carrière voire même une reconversion professionnelle.

Au surplus, l’économie bleue ne pouvant être durable sans une justice saine et respectueuse des règlementations internationales et régionales régulièrement ratifiées, j’ai pensé qu’il était opportun et impérieux que sonne le glas. D’où le plaidoyer pour une réforme du système judiciaire au Cameroun, notamment pour ce qui est du droit maritime.

TEL EST MON COMBAT!

3. Quelles sont les grandes lignes de votre ouvrage ?

Il est important de rappeler que L’hydrosphère est l’ensemble d’eau qui se trouve sur la terre. Le globe terrestre est recouvert à 71% par les mers et océans. C’est pourquoi on l’appelle encore « Planète bleue ». L’océan rejette 50% d’oxygène que nous respirons et absorbe 25% de gaz carbonique. L’ensemble des échanges internationaux est fait à 90% par la mer. C’est dire l’importance fondamentale que représentent les eaux pour l’humanité.

L’économie bleue est l’ensemble des emplois et activités économiques appuyés directement ou indirectement sur les océans, les mers, les fleuves, les lacs, les côtes, les rivières, les cours d’eau, bref sur l’eau.

La Banque mondiale lui donne une définition beaucoup plus technique. Pour elle, l’économie bleue est l’utilisation durable des ressources océaniques pour la croissance économique, l’amélioration des moyens de subsistance et de l’emploi tout en préservant la santé de l’écosystème océanique.

La Commission européenne donne à l’économie bleue une définition beaucoup plus simplifiée et claire. Pour elle, l’économie bleue est l’ensemble des activités économiques liées aux océans, aux mers et aux côtes.

L’économie bleue offre la possibilité d’exploiter l’ensemble des ressources naturelles marines et aquatiques et même de créer un chapelet d’activités économiques autour des eaux. Ce qui implique la pêche, l’aquaculture, l’extraction pétrolière et minière en mer, le tourisme aquatique et balnéaire, les transports maritimes, la gestion des ports, la sécurité et la sûreté maritime et portuaire, la construction navale, l’énergie circulaire, la gestion intégrée des écosystèmes côtiers et marins, l’amélioration de la gestion des déchets solides et la lutte contre la pollution, les activités illicites et criminelles en mer, etc.

L’économie bleue impose par conséquent une nouvelle vision d’exploitation économique et politique des ressources des océans, des mers, des fleuves, des lacs et autres étendues d’eau ainsi que celle de la conservation des écosystèmes aquatiques.

L’économie bleue permet aux États de repenser l’équilibre alimentaire, économique, sociopolitique, sécuritaire de la planète. Elle favorise le développement durable, la croissance économique, la création de l’emploi, améliore la condition sociale, les moyens de subsistance, le bien-être et, partant, elle favorise la stabilité politique.

Pour emprunter les termes du Professeur Martin Ndende, lors de l’une de ses multiples conférences, l’économie bleue est une chaise avec ses quatre (4) pieds qui sont des piliers à savoir : un pilier économique, un pilier social, un pilier environnemental et écosystémique et un pilier sécurité et sûreté.

Il faut également préciser que l’économie bleue contribue efficacement à atténuer le phénomène actuel de changement climatique par le développement des énergies renouvelables en haute mer, la décarbonation du transport maritime et l’écologisation des ports.

Lire la suite de l’interview aux pages 61 à 65 du magazine Blue Women Africa : https://www.bluewomenafrica.com/wp-content/uploads/2026/03/Blue-Women-Africa-Magazine-Francais.pdf